Le paradoxe de l’automatisation

Peut-on parler de l’avenir que les oligarques souhaitent réellement, par opposition à celui qu’ils prétendent vouloir ? Et du problème majeur que nous évitons d’aborder : le paradoxe de l’automatisation.

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Illustration of an empty industrial area. A giant furnace and many red warnings./ Illustration d'une zone industrielle déserte. Un haut-fourneau géant et de nombreux signaux d'alerte rouges.
Photo by National Gallery of Art / Unsplash

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Cet article traite des États-Unis et du paradoxe de l’automatisation.
Initialement publié sur Le Club de Mediapart

Peut-on parler de l’avenir que les oligarques souhaitent réellement, par opposition à celui qu’ils prétendent vouloir ?

Et du problème majeur que nous évitons d’aborder : le paradoxe de l’automatisation.

Le paradoxe de l’automatisation se résume ainsi :

« Nous allons automatiser les emplois grâce à la robotique et à l’IA. Vous n’aurez plus besoin de travailler. On mettra en place un système de revenu universel de base (UBI), j’imagine. Ou quelque chose du genre. »

Ce n’est pas ce que les oligarques « veulent » réellement, c’est la conséquence de leur véritable désir : éliminer le coût du travail humain et augmenter les profits. Mais cela aboutit à un paradoxe.

Qui achète les biens et services si le fruit du travail humain ne génère pas de revenus ?

Ma thèse est la suivante : « Vous, toujours. »

Cela ne fonctionne pas en supprimant complètement les revenus, mais en quantise TOUS les revenus (sauf les leurs) afin que nous, les masses, soyons TOUS également pauvres. Pas au point de ne plus pouvoir nous offrir une nouvelle Smart TV, un nouveau smartphone, et payer les abonnements multimédias pour cette nouvelle Smart TV. Consommateurs captifs et contrôlés. L’argent, la richesse, se résument moins à la quantité de monnaie* qu’au niveau de contrôle, de pouvoir et de privilège. Le contrôle de l’accès à l’énergie est un sujet connexe.

La quantisation des revenus prend en compte l’excédent des personnes qui réussissent mieux que la moyenne, et celles considérées comme « riches » mais pas encore puissantes, etc., ramenant ainsi les choses à une moyenne. Cette richesse publique, au-dessus de la ligne de démarcation, va ensuite aux oligarques. Cette « richesse » équivaut en réalité davantage à du pouvoir qu’à de l’argent, mais c’est un tout autre sujet.

L’oligarchie qui dénigre le socialisme veut instaurer ce que j’appelle le communisme capitaliste : remplacer l’État par l’oligarchie. Le peuple est, comme dans le communisme de type soviétique, également défavorisé financièrement. Personne, à l’exception des animal de compagnie de l’État (les oligarques), n’est plus riche que quiconque. Et la plupart devront toujours travailler d’une manière ou d’une autre. Mais jamais avec la possibilité de dépasser le seuil quantifié de « revenu autorisé ». Ni la possibilité de posséder quoi que ce soit.

L’oligarchie extraira la richesse restante des classes moyennes, moyennes supérieures et supérieures, ne laissant d’un côté que les masses et de l’autre les oligarques.

Et alors, nous serons bel et bien les esclaves consommateurs qu’ils « désirent ».

* C’est déjà le cas : Elon Musk ne « gagne » pas d’argent, il accumule le contrôle financier.


{EN - Machine Translated}

The Automation Paradox

Can we talk about the future the oligarchs actually desire, as opposed to the one they claim to want?

And about the major problem we avoid addressing: the automation paradox.

The automation paradox boils down to this:

"We are going to automate jobs using robotics and AI. You won’t need to work anymore. We’ll implement a Universal Basic Income (UBI) system, I suppose. Or something."

That isn’t what the oligarchs actually "want"; it is the consequence of their true desire: to eliminate the cost of human labor and increase profits. But this leads to a paradox.

Who buys the goods and services if the fruits of human labor do not generate income?

My thesis is this: "You still do."

It doesn't work by completely eliminating income, but by quantizing ALL income (except their own) so that we—the masses—are ALL equally poor. Not so poor that we can’t afford a new Smart TV or smartphone, or pay for the media subscriptions for that new Smart TV. Captive, controlled consumers. Money—wealth—is less about the quantity of currency* than about the level of control, power, and privilege. Control over access to energy is a related topic.

Income quantization accounts for the surplus held by those who outperform the average, as well as those considered "rich" but not yet powerful, and so on, effectively bringing everything back to a mean. This wealth—the portion above the threshold—then goes to the oligarchs. This "wealth" is actually more akin to power than money, but that is a whole other subject. The oligarchy that disparages socialism seeks to establish what I call "capitalist communism": replacing the State with the oligarchy. Just as under Soviet-style communism, the people are financially disadvantaged. No on, with the exception of the State’s favored pets, is wealthier than anyone else. And most people will still have to work in one way or another, yet never with the possibility of exceeding a set limit on "authorized income," nor the possibility of owning anything at all.

The oligarchy will extract the remaining wealth from the middle, upper-middle, and upper classes, leaving only the masses on one side and the oligarchs on the other.

And then, we will truly become the consumer-slaves they "desire."

  • This is already the case: Elon Musk does not "earn" money; he accumulates financial control.